Le raëlisme est parfois là où vous ne le soupçonnez pas...

Une rencontre avec la secte rael en france : décoiffant, déconcertant...

14 mai 2009

Commentaire sur http://www.lematin.ch/actu/economie/rael-vole-secours-ubs-116781#comment-164032

Rael fait preuve d'un grand sens du pardon en proposant son aide à cette banque en difficulté si elle déclare expressément ne plus vouloir pratiquer de discrimination religieuse. Les commentaires méprisants sont l'expression du défoulement collectif autorisé de toutes les bassesses sur les minorités religieuses. Je me permets de rappeler qu'en démocratie, la majorité des religions reconnues se doit d'être respectueuses des minorités. Une critique virulente peut être respectueuse.

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Une contribution sur linternaute.com : Que diriez-vous à votre clone ?

"Si proche et si différent à la fois..."

    http://www.linternaute.com/science/temoignage/appelatemoin/4367/que-diriez-vous-a-votre-clone/


Que diriez-vous à votre clone si vous le rencontriez ?

La ressemblance physique n'est pas si importance que ça. Prétendre le contraire reviendrait à faire croire que tous les peintres peindraient la même toile car ils sont munis du même pinceau et des mêmes couleurs.

Que feriez-vous avec lui ?

Il y plusieurs manières d'imaginer cette rencontre. La rencontre ordinaire n'a guère d'intérêt car une proximité physique et génétique n'implique pas une proximité des goûts et des couleurs. La rencontre extraordinaire est d'imaginer de concevoir son propre clone (d'apparence et d'essence, si la science le permet) pour qu'il prenne notre succession, une fois que nous mourrons. Dans ce dernier cas, la rencontre ne serait pas entre deux personnes mais la possibilité offerte à une personnalité méritante de prolonger son existence dans un nouveau corps tout neuf...

Pensez-vous que nous ayons tous un jumeau sur Terre ? Pourquoi ?

Un clone n'est affectivement, en l'état actuel des avancées scientifiques, qu'un jumeau homozygote à naissance différé. Loin des phantasmes véhiculée par l'inconscient collectif, un clone n'est aujourd'hui que cela.
Sur le plan strictement physique, nous avons tous probablement non pas un mais plusieurs "sosies" sur Terre. Rien que dans notre petit espace quotidien de vie (une région etc), il nous arrive que l'on nous prenne pour un autre alors si on élargit à une Nation, un continent voire la Terre, n'en parlons pas !

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15 mars 2009

Notre monde n’est pas un texte à trous que les progrès de la science auraient vocation à boucher. Et il se peut aussi...

...qu’il faille imaginer non pas un nouveau texte mais des nouveaux textes...

(Ma contribution aux Etats généraux de la bioéthique, rubrique "Médecine prédictive")

Deux précisions à donner d’emblée : nos gènes ne sont qu’une petite partie de notre ADN. Il y a beaucoup de chose dans notre ADN que nous ignorons ou dont nous ignorons le rôle (source: Luc Montagnier). Enfin et surtout, notre environnement est beaucoup plus important que notre ADN (connu et inconnu). Je nous trouve en pleine illusion du tout technologique ou scientifique. Les techniques et la science ne sont que des outils. Tout dépend quel(s) rôle(s) on souhaite leur donner. Dans nos sociétés occidentales en voie avancée de déchristianisation (c’est un bien vu que “ces religions” comme d’autres véhiculent plus des interdits que des espoirs), ne cherchons pas à rétrécir la part de transcendance pour qu’elle rentre dans des schémas étriqués ! Si le principe d’autorité tend à être fort heureusement contesté au sein des vieilles traditions religieuses, il ne doit pas pour autant être transféré dans de l’outillage de laboratoire, quel qu’il soit ! Dans notre société en pleine ébullition où les cadres conceptuels et institutionnels sont fragilisés et fissurés, la logique du pansement ou du colmatage est compréhensible dans l’urgence mais elle est révélatrice d’une grande frilosité envers l’avenir. En effet, seules des questions techniques, renvoyant à des problématiques plus larges dispersées entre chacune de ces questions, sont posées. Pourquoi ne pas poser tout de suite les questions de fond ? Leur mise en retrait n’est pas une marque de confiance envers les valeurs présentées comme fondatrices de nos sociétés occidentales telles que le pluralisme, la liberté de conscience et d’expression etc.

Pour moi, les questions de fond sont les suivantes : Quel est l’avenir que nous voulons dessiner pour nos sociétés ? Quels moyens nous donnons-nous pour qu’elles se dessinent ainsi ? Si les opérations et tests médicaux peuvent avoir un caractère spectaculaire, il ne nous faut pas oublier que la prévention  et l’éducation (en médecine comme ailleurs), qui sont affaires de longue durée (de l’ordre d’une génération au moins, génération étant un mot provenant de gène), sont les seuls véritables outils de construction en profondeur des personnes et des personnalités et donc aussi de la médecine prédictive.

Je suis bien désolé de ne pas respecter le cadre intellectuel imposé pour les contributions. C’est ma manière à moi de vous prévenir que vous êtes en train de vous perdre dans des choses certes importantes mais pas essentielles. Or, si les choses importantes sont innombrables, les choses essentielles sont moins nombreuses. Pourquoi ne ferait-on pas l’effort de les identifier pour tâcher d’agir directement sur elles ? Je ne veux pas réduire mon investigation à un outil. Je trouve que m’intéresser ce qu’il y a dans nos têtes est bien plus fondamental. Vous me direz probablement que les différences de religions, de conceptions de la vie, d’intérêts privés et publics, sont tels que faire porter la discussion la dessus est inéluctablement en venir à des polémiques sans fin. Je vous répondrais que ce n’est pas en éludant les difficultés qu’on résout un problème. Et en refusant d’affronter les difficultés, on ne fait qu’obscurcir la vraie nature des choix qui seront fait car, en tous les cas, il faut faire des choix. De mon côté, je vois davantage dans les différences de manières de voir des procès d’intention, des préjugés et des méconnaissances de la réalité des possibilités ouvertes par les avancées présentes et les pistes nouvelles ouvertes par la science et les techniques que des choses figées. Comme notre monde est en train de changer à une vitesse exponentielle, éduquons-nous pour y voir plutôt l’ouverture à de nouveaux projets de vie (possiblement meilleurs que les précédents) plutôt que des menaces pour les actuels. Notre monde n’est pas un texte à trous que les progrès de la science auraient vocation à boucher. Il se peut aussi qu’il faille imaginer non pas un nouveau texte mais des nouveaux textes... Voici pour conclure notamment deux  liens qui peuvent élargir notre regard rétréci sur la réalité économique, laquelle est intrinsèquement liée à notre sujet : http://www.dailymotion.com/related/x4uc81_patrick-viveret-partie-i-culture-et_news/video/x4ucg7_patrick-viveret-partie-ii-culture-e_news

http://www.dailymotion.com/related/x4uc81_patrick-viveret-partie-i-culture-et_news/video/x26zbo_viveret_politics

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19 février 2009

Film de la NASA

Traffic dans la toposphère. Film de la NASA, encore nouveau qui démontre qu'il y a beaucoup d'activité au-dessus de la Terre.

http://www.youtube.com/watch?v=w7IzXHsym7k&feature=related

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Des millions de planètes "terre" dans la galaxie

16/02/2009

Des millions de planètes "terre" dans la galaxie

http://lapromo.neufblog.com/leveilleur/2009/02/des-millions-de.html

Si vous n'êtes pas assis, je vous conseille de le faire avant la lecture

de ce sujet. 

Selon un article paru sur BBC News, il apparaît qu' il pourrait y avoir

des "centaines de millions" de planètes semblables à la terre dans notre

galaxie. C'est en tous les cas ce qui a été expliqué lors de la

conférence annuelle de l' American Association for the Advancement of

Science in Chicago (US).

Le Dr Alan Boss de l'institut des sciences Carnegie y a exposé que la

plus grande partie de ces "mondes" étaient probablement inhabités ou ne

comportaient que des états de vie primaire, bactériologiques et devaient

ressembler à ce que la terre était il y a quelques millions d'années.

Néanmoins, il a insisté que par calcul un grand nombre de ces "terres"

étaient capables de supporter la vie. Le Dr Boss estime que les futures

missions de la Nasa pourraient commencer à apporter des éclaircissements

à propos de ces autres "planètes terres".

Des travaux récents à l'Université d'Edinbourg ont été essayé de

quantifier combien de civilisations INTELLIGENTES pourraient exister et

ces recherches suggèrent qu'elles pourraient être des centaines...

LIRE l'article original en anglais ICI.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/7891132.stm

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07 février 2009

Violation de la "liberté d'inscription" sur un tee shirt dans une usine au Québec

Voici le petite texte que j'ai mis sur le site http://lcn.canoe.ca/contact/:

Dans l'affaire Bergeron, je propose au(x) employé(s) qui s'est/se sont plaint(s) du tee shirt de Monsieur Bergeron, d'en porter un autre où il serait écrit "Dieu existe". Comment le Québec peut-il prétendre être une vraie démocratie si la simple expression non diffamatrice d'une opinion religieuse déplaisant à certaines personnes provoque l’exclusion de cette première personne ? A défaut de vouloir en parler de vive voix, vous pouvez vous répondre par tee shirt interposés. J’imagine il y a quelques siècles l’inscription du slogan «La terre n’est pas le centre du monde ». Cela aurait fait grand bruit et la personne portant ce tee shirt aurait probablement été brûlée vive pour cela. La contradiction pacifique est à la base du débat pluraliste, fondement de la démocratie.

Jean Michel Boré, raëlien et donc épris de liberté (Si vous voyez une contradiction à cela, je vous invite à découvrir le message de Raël)

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31 janvier 2009

Soutien à l'artiste Philippe Pissier, auteur de cartes postales décorés de seins nus

http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-philippe-pissier--3696.html

« La pornographie, c'est l'érotisme des autres ». La présence de l'adjectif pornographique à côté de celui de violent est déjà une grave confusion dans la législation. Pornographie signifie montrer (graphie) la nudité (porno). Si le commerce de la pornographie utilise souvent la violence, ce n'est pas systématique. Quand allons-nous sortir de ces vieux préjugés selon lesquels le corps serait sale et donc indigne d'être montré, particulièrement aux plus jeunes. Les journaux sont remplis d'énumérations de faits violents, les mineurs y ont pleinement accès. Les jeux notamment vidéo sont souvent également très violents. Les mineurs en sont des usagers privilégiés. Quelle hypocrisie ! Donnons plutôt des cours d’éducation sensuelle aux mineurs !

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"Ce ne sont pas les dieux qui ont créé les hommes mais les hommes qui ont créé les dieux", citation de "Le Mépris" de J-L Godard

http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/12/01003-20090112ARTFIG00291-emoi-autour-d-un-slogan-athee-sur-les-bus-anglais-.php?mode=commentaires

L’ignorance favorise puissamment  toute sorte de superstition. Ainsi, autrefois, les hommes ne pouvaient qu’attribuer aux divinités les manifestations de la nature qui leur étaient incompréhensibles : un arc en ciel, le tonnerre, un tremblement de terre, une éruption volcanique etc.
Jusqu’à relativement récemment (quelques siècles), les hommes voyaient le ciel comme un voute où les astres et les étoiles étaient autant de lampions qui brillaient et c’était le domaine des dieux. Aujourd’hui, nous pouvons observer l’univers de plus en plus profondément et nous commençons à l’explorer. Que je sache, aucun « péage » divin n’a été signalé. Les religions monothéistes qui ont abandonné le théâtre de l’infiniment grand au profit de l’observation scientifique et de l’exploration se sont à présent rétractées dans le domaine de la microbiologie : l’embryon, les cellules souches, la génétique etc. Le jour proche où nous arriverons à reproduire la vie en laboratoire sera la preuve que les humains peuvent créer d’autres humains et qu’il n’y a pas de dieu, ni d’évolution génétique (la théorie de l’évolution a un énorme avantage, elle postule à l’anonymat des créateurs sinon le public dirait aux mandarins de la science officielle : vous êtes nuls, des humains nous ont créés et vous, vous n’arrivez pas à créer la vie) Nous reconnaissons là le grand manque d’humilité de la communauté scientifique alors que la dynamique est en marche : en modifiant génétiquement la vie, les OGM les thérapies géniques sont déjà une forme de création. C’est en fait reculer pour mieux sauter.
Cela dit, je reconnais le droit aux croyants de croire à ce qu’ils veulent, tant qu’ils n’appellent pas à la violence ou au crime contre les autres et a fortiori tant qu’ils ne commettent pas de tels crimes !

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22 janvier 2009

Peut-on établir une différence objective entre sectes et religions ?

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1027

Tribunes - Science et croyances

Les textes publiés dans cette rubrique ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale des publications de l’Afis mais visent à informer plus complètement nos lecteurs en leur proposant divers éclairages sur des questions particulièrement controversées.


Peut-on établir une différence objective entre sectes et religions ?

par Anne Morelli - SPS n° 283, octobre 2008

Anne Morelli est directeur-adjoint du Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité de l’Université Libre de Bruxelles.

Peut-on établir une différence objective entre sectes et religions ? À cette question les réponses fusent généralement : les sectes sont nuisibles, dangereuses, à surveiller de près ; les religions, elles, ont un bon fond (bien que parfois perverti), elles comblent des aspirations humaines naturelles et sont infiniment respectables.

Ce distinguo n’est pas seulement généralisé chez les croyants des grandes « religions » mais se retrouve aussi chez bon nombre de libres-penseurs et rationalistes, tout au moins dans certains pays d’Europe comme la France, l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique franco-phone.

Or cette différence « évidente » entre sectes et religions ne résiste pas à l’analyse.

Lorsqu’en Belgique, la Commission parlementaire sur les sectes, réunie en 1996, décida de consulter des experts en la matière, elle fit venir d’universités différentes et de spécialités diverses des professeurs, dont j’étais. Seuls les théologiens affirmèrent détenir des critères pour distinguer les « bonnes » religions des mauvaises [1]. Sans s’être nullement concertés, les autres professeurs, confrontés à la question « quelle est la différence entre sectes et religions ? » répondirent avec une belle unanimité qu’il n’était pas de critères fiables permettant de séparer les unes des autres.

Tous les critères objectifs imaginés pour caractériser les sectes (taille du groupe, longévité, sacrifice de la vie personnelle, pouvoir inconditionnel du chef, signes distinctifs, obéissance, coupure de la vie « normale » etc…) pouvaient être appliqués aux grandes religions ou au moins à certaines formes qu’elles ont prises, comme le monachisme [2] ou la vie conventuelle.

Nous allons passer en revue ici quelques exemples de ces pseudo-critères de distinction entre sectes et religions.

L’argent et le sexe

Mr Homais vous le dira : les sectes en veulent à votre argent et cherchent à dominer ou exploiter vos pulsions sexuelles. Dans un petit essai polémique [3] je me suis amusée à comparer la situation décrite pour les sectes, au catholicisme de mon enfance.

Trois de mes tantes étaient entrées au couvent toutes jeunettes. Leur ordre n’avait-il pas dûment dompté leurs pulsions sexuelles et en outre, dans leur cas, étouffé toute aspiration à la maternité ? Était-ce vraiment moins grave que les mariages groupés où M. Moon fait convoler ses jeunes adeptes en justes noces après avoir évalué leurs chances de bonne entente ? Pourquoi ceux-ci font-ils scandale et pas la chasteté imposée aux religieuses ? Toutes les religions n’aspirent-elles pas à contrôler la sexualité de leurs membres ? Elles s’intéressent passionnément à leurs pratiques, veulent tout en connaître et y plantent leurs interdits.

Mes trois tantes étaient entrées au couvent accompagnées d’une dot importante qui leur garantissait de ne pas devoir effectuer des travaux manuels avilissants. Mais si elles avaient décidé – semant par là même le déshonneur pour toute la famille – de quitter le couvent, cette somme ne leur aurait en aucun cas été restituée. Lorsqu’un scandale financier ébranle le Vatican ou que les Capucins, dévôts de Padre Pio, sont convaincus de détournements de fonds, personne n’ose dire – ni même penser – que ces escroqueries font intrinsèquement partie de la foi catholique ou sont une conséquence normale de ses structures.

Mais si une secte « oublie » de payer ses impôts ou profite (comme le faisaient autrefois les prêtres) de la détresse ou de la sympathie d’une per-sonne pour se faire attribuer des dons ou héritages contestés par la suite, ces malversations ne seront évidemment pas présentées comme de funestes exceptions, mais comme des pratiques caractéristiques et inhérentes aux sectes.

Nuisance

La nocivité pourrait être un critère de distinction entre sectes et religions s’il pouvait être objectivé.

Qu’est-ce qui est nocif ? Se « faire du mal » ? Se priver de certaines nourritures comme les Chartreux, qui en outre ne dorment jamais que quelques heures d’affilée, sont coupés du monde et de ses nouvelles et que la règle du silence isole dans un univers qu’on peut, de l’extérieur, juger psychotique ?

Les pénitents catholiques, qui se flagellent, ont certes le droit de le faire puisque le masochisme n’est pas punissable par la loi, mais ce comporte-ment est-il plus ou moins « nuisible » que celui des Krishna végétariens ?

Par ailleurs on a vu des sectes pratiquer le suicide collectif [4]. Ce comporte-ment, unanimement réprouvé s’agissant d’elles, est magnifié s’agissant des grandes religions. Les pèlerinages à Massada, au-dessus de la mer Morte, se terminent invariablement par un refrain admiratif à propos de ces 2.000 Juifs qui se sont – plus ou moins volontairement [5] – suicidés pour maintenir leur foi et leurs coutumes et ne pas être romanisés.

Quant au nombre de morts causées par les « sectes » ou par les religions, le combat est par trop inégal. Alors que les sectes ne peuvent aligner au total que quelques dizaines de victimes (mais fort efficacement médiatisées), chaque jour les victimes des haines soutenues par les grandes religions sont des centaines : il ne fait pas bon être catholique en Algérie, juif en Irak, musulman en Inde, hindou au Pakistan, témoin de Jéhovah en Israël ou baptiste en Ukraine…

Dans ce domaine, les résultats des petits entrepreneurs indépendants que sont les sectes sont minables face à ceux des grandes multinationales de la religion.

Endoctrinement versus catéchèse

Peu de gens trouvent choquant qu’on définisse les enfants par la religion de leurs parents : des petits juifs, des petits musulmans, des petits catholiques… Et aucune association luttant pour les droits de l’enfant ne s’insurge de les voir participer aux « Catho Pride » ni fréquenter les mosquées ou synagogues. On condamne rarement comme une maltraitance la violence implicite qui préside au choix du futur Dalaï lama, enlevé petit enfant à sa famille.

Mais les mots ont évidemment un poids pour valoriser ou dévaloriser un groupe. Quoi de plus honorable que de « transmettre sa foi » à ses enfants ou de les envoyer au catéchisme ?

Mais s’agissant de « sectes » on parlera immédiatement d’endoctrinement, ce qui participe à l’idée de violence mentale faite à l’enfant ou au futur « adepte ». Ce dernier terme est lui-même péjoratif car, s’il s’agit d’une religion honorable, on parlera plutôt de fidèle ou de croyant. Il est bien entendu que si l’on adhère à une « secte » ce ne peut être qu’à la suite d’un bourrage de crâne intensif. Certaines législations prétendent même le combattre en l’appelant « manipulation mentale ». Mais ce terme n’est applicable qu’aux sectes, pas à l’honorable citoyen qui se convertit à l’islam ou au christianisme à la suite d’un processus spirituel respectable. La conversion est pourtant souvent décrite comme immédiate : saint Paul sur le chemin de Damas ou Constantin sur le Pont Milvius ont été frappés soudainement par la révélation. Si un dévot de Krishna ou un Pentecôtiste conte une histoire semblable, il est difficilement pris au sérieux…

La définition des sectes dans la législation et la réglementation

« Officiellement, le Canada ignore ce qu’est une secte. Sans définition légale, la lutte se fait très prudente, voire discrète. En Europe francophone, au contraire, de nombreuses lois restreignent drastiquement la dérive sectaire, jusqu’à rendre publiques des listes d’organisations à la limite de la diffamation. Comparaison de deux extrémismes dans la lutte. » [6]

La même prudence est observée en Suisse. En 1998, le Conseil fédéral déclarait : « … il ne peut pas y avoir une législation spécifique concernant les groupes qualifiés à tort ou à raison de “sectes” par l’opinion publique. La seule distinction entre communautés religieuses que connaisse la Suisse est celle du statut de droit public que peuvent accorder les cantons à certaines communautés. En revanche, il n’appartient pas au Conseil fédéral de déterminer quel groupe devrait relever ou non de l’indéfinissable catégorie de “secte”, ni de mener une politique particulière à l’égard de certains groupes religieux, tant que ceux-ci respectent les principes de notre État de droit et les lois en vigueur. Néanmoins, si l’activité de certains groupes en arrivait à causer de sérieuses perturbations, l’art. 50, alinéa 2, de la Constitution fédérale prévoit que les cantons et la Confédération peuvent prendre les mesures nécessaires au maintien de l’ordre public et de la paix entre les différentes communautés religieuses. La situation que nous observons aujourd’hui en Suisse ne semble cependant pas appeler de tel-les mesures de la part du Conseil fédéral. » [7]

En revanche, la France et la Belgique sont beaucoup plus engagées dans la lutte anti-sectes mais ballottés entre, d’une part, leur volonté de maintenir l’ordre public et de protéger le citoyen et, d’autre part, celle de respecter les libertés individuelles, ces États ont mis sur pied des organismes chargés de la prévention des risques et de la lutte contre les phénomènes sectaires. Cependant, les groupes de travail qui se sont penchés sur cette épineuse question ont été d’emblée confrontés à la difficulté de travailler sur une notion juridiquement inexistante. Ces commissions ont publié des listes non exhaustives d’associations considérées comme sectaires mais, tant en Belgique qu’en France, ces listes ont fait l’objet de vives controverses et de critiques, et ont été officiellement abandonnées.[

En France, le décret n° 2002-1 392 du 28 novembre 2002 institue, auprès du Premier Ministre, une mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) [8]. Elle précise que : « … à défaut de définir juridiquement ce qu’est une secte, la loi réprime tous les agissements qui sont attentatoires aux droits de l’homme, aux libertés fondamentales ou qui constituent une menace à l’ordre public, commis dans le cadre particulier de l’emprise mentale. La loi dite About/Picard [9], à l’origine de l’article 223-15-2 du Code Pénal, complète en 2001 le délit d’abus frauduleux d’état de faiblesse en étendant le délit déjà existant à des situations de sujétion physique ou psychologique. Ainsi, il importe peu que telle dérive soit commise par un mouvement sectaire, un nouveau mouvement religieux, une religion du Livre ou par un charlatan de la santé. Dès lors qu’un certain nombre de critères sont réunis, dont le premier est la mise sous sujétion, l’action répressive de l’État a vocation à être mise en œuvre. » [10]

En Belgique, le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles, CIAOSN, a été créé par la loi du 2 juin 1998, à la suite d’une recommandation formulée par la commission d’enquête parlementaire, enquête « visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu’elles représentent pour la société et pour les personnes particulièrement les mineurs d’âge. » [11]

Dans ses « dispositions préliminaires », cette loi stipule : « Pour l’application de la présente loi, on entend par organisation sectaire nuisible, tout groupement à vocation philosophique ou religieuse, ou se prétendant tel, qui, dans son organisation ou sa pratique, se livre à des activités illégales dommageables, nuit aux individus ou à la société ou porte atteinte à la dignité humaine. Le caractère nuisible d’un groupement sectaire est examiné sur la base des principes contenus dans la Constitution, les lois, décrets et ordonnances et les conventions inter-nationales de sauvegarde des droits de l’homme ratifiées par la Belgique. [12]

N.d.V

Petite religion = secte ?

On pourrait croire que la différence entre sectes et religions peut être mesurée à l’aune objective de leur nombre de croyants (pour les « sectes » on emploiera de préférence on vient de le souligner, pour les désigner le terme péjoratif d’adeptes).

C’est loin d’être évident.

À Bruxelles il y a vingt-deux salles du Royaume des Témoins de Jéhovah, pour la plupart bondées, et quatre synagogues qui, elles, le sont rarement. Mais il ne viendrait à personne l’idée de mettre sur le même pied honorable judaïsme et Témoins de Jéhovah.

Peut-être parce qu’on réserverait le terme de religion aux confessions les plus anciennes ? Faux aussi. La référence à Krishna est millénaire, les Anabaptistes sont plusieurs fois centenaires mais cela ne les empêche pas d’être étiquetés « secte » et non religion.

Chez nous du moins. Car on peut avoir une étiquette différente selon l’endroit où on se trouve. Les Mormons sont considérés comme « secte » par nos gouvernements mais forment la majorité des croyants de l’État d’Utah où ils n’ont forcément rien de marginal.

La Belgique fournit un assez joli exemple de la double vision qu’on peut avoir d’un même groupe. La ministre francophone de l’éducation a fait distribuer aux lycéens une petite brochure de mise en garde contre les « sec-tes », avec une liste nominative des mouvements dont il faut se méfier. On y trouve explicitement cité le mouvement Steiner, dont les écoles sont reconnues et subsidiées quelques kilomètres plus loin par la Flandre !

Si donc ni la taille du groupe ni son ancienneté ne constituent un critère de distinction entre « sectes » et religions, on peut imaginer que l’emprise psychologique sur les membres ou la difficulté de sortir du groupe vont enfin apporter une solution à notre problème. Mais les directeurs de conscience, la soumission exigée des novices et les difficultés (matérielles ou psychologiques) à sortir des ordres jusqu’à une époque toute récente infirment aussi ce critère.

La rationalité des uns et pas celle des autres ?

Il peut être commode d’imaginer que dans les sectes on croit et propage des balivernes, contrairement à ce qui est diffusé dans les religions.

Évidemment le contenu doctrinal des « sectes » a souvent de quoi nous étonner. Telles attendent le retour du Christ, telles autres celui des extra-terrestres ou la réunion des familles à travers toutes leurs générations…

Ce n’est certes guère rationnel mais dans les religions auxquelles nous accordons respect, n’est-il pas question de l’attente du Messie, de la parousie [13], de la virginité d’une mère ou du retour des morts à la vie ?

Ces « balivernes » font partie de notre culture et nous avons appris à ne pas en rire ou au moins à ne le faire qu’en privé, mais objectivement les questions qui ont taraudé les théologiens pendant des siècles (les enfants non baptisés vont-ils au purgatoire ? Marie est-elle restée vierge pendant son accouche-ment ? Quelle est la nature de l’« âme » ?…) n’ont rien non plus de rationnel.

Quelle différence alors ?

Il est pourtant évident que « sectes » et « religions » ne sont pas des synonymes et que le premier terme est entaché d’un sens péjoratif. Dans un livre balayant cette double classification depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours [14], nous avons essayé de comprendre comment et pourquoi les groupes religieux étaient enregistrés sous l’une ou l’autre étiquette.

La réponse la plus évidente est que l’honorable label de « religion » est octroyé à l’un ou l’autre groupe par le pouvoir politique. Ceux qui n’ont pas eu droit à cette appellation contrôlée sont étiquetés « hérésies » ou « sec-tes », selon les époques.

Aux premiers vont les honneurs et le respect mais ils doivent en échange légitimer le pouvoir politique. Les autres groupes religieux sont à surveiller, poursuivre, voire exterminer sans que rien dans leurs comportements sociaux ni dans leurs croyances ne les prédispose à ce sort particulier.

C’est le pouvoir politique qui décide du sort des uns et des autres et légifère en ce sens. La liste de sectes « nuisibles » et les subsides publics aux grandes religions (plus ou moins officiels selon les pays) sont à comprendre dans cette logique.


[1] Voir les interventions du jésuite Denaux et du père Ringlet : http://www.vigi-sectes.org/rapport/....

[2] C’est-à-dire le système de vie des moines.

[3] Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes, Labor, 1997.

[4] L’exemple le plus couramment avancé est celui de l’Ordre du Temple solaire.

[5] Voir à ce sujet le récit de Flavius Josèphe.

[6] Quartier Libre – Le journal indépendant les étudiants de l’Université de Montréal – « Lutte contre les sectes en Occident – Entre laxisme et “sectisme” », article de Thomas Gerbet et Vanessa Gauvin-Brodeur – http://www.quartierlibre.ca/spip.ph....

[7] http://www.parlament.ch/f/cv-gescha....

[8] http://www.miviludes.gouv.fr.

[9] Concernant la loi About/Picard, il est à noter que, dans sa résolution 1309 – « Liberté de religion et minorités religieuses en France » – l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe « invite le Gouvernement français à revoir cette loi et à clarifier la définition des termes “infraction”et “auteur de l’infraction” ».

[10] http://www.miviludes.gouv.fr/-Le-di....

[11] http://www.ciaosn.be/lecentre.htm.

[12] http://www.ciaosn.be/loi.htm.

[13] C’est-à-dire le retour du Christ sur terre pour juger les vivants et les morts, retour auquel les chrétiens se doivent de croire selon le Credo.

[14] « Sectes » et « hérésies » de l’Antiquité à nos jours. Le rapport au pouvoir, Alain Dierkens et Anne Morelli (dir.), Presses universitaires de Bruxelles, 2002. Disponible en ligne.

Mis en ligne le 20 janvier 2009

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Analyse sur la présence ou non d’incitation pédophile au sein des écrits religieux raëliens

Texte de S. Dubray
Éducatrice Sexologue

Source: http://mediashit.org/news.php?item.164.12

Suite à la parution d’articles de journaux suisses sur les raëliens, articles qui relataient des incitations à la pédophilie dans les écrits religieux : Le Message donné par les Extra-Terrestres : je me suis questionnée en tant qu’éducatrice sexologue sur le sens et la valeur que l’on doit accorder à ces informations médiatiques. En effet, lorsqu’on écrit et qu’on rapporte des accusations criminelles et sexuelles, il est impératif de vérifier concrètement la véracité des faits avant publication pour ne pas accuser ou entacher à tort la vie d’un groupe ou d’un individu. Les abus sexuels sont des délits graves et inacceptables que l’on doit stopper, tout en apportant de l’aide aux victimes et aux abuseurs. Et les incitations à commettre de tels actes sont, à mon sens, tout autant répréhensibles.

Mais actuellement, au niveau journalistique, on observe une fâcheuse tendance à déformer les faits pour combler un certain besoin de sensationnalisme. C’est ce que nous pouvons observer dans le contenu présenté quotidiennement. Ce besoin de sensationnalisme déforme les faits et réduit la crédibilité du monde journalistique, et je ne saurais trop conseiller au lectorat d’être vigilant et critique face à ce qu’il lit.

Qu’est-ce qui permet à une cour de justice suisse et au monde journalistique d’accuser une minorité religieuse d’incitation à la pédophilie? Ont-ils réalisé des évaluations cliniques auprès des membres du Mouvement raëlien pour vérifier : la présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes; d’impulsions sexuelles ou de comportements survenant de façon répétée et intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant une activité sexuelle avec un ou des enfants pré-pubères (généralement âgés de 13 ans ou moins) comme le préconise le DSM IV (Manuel de diagnostic clinique des troubles psychologiques)? Ont-ils aussi mis en évidence chez les membres du Mouvement raëlien la présence d’une souffrance marquée ou une altération du comportement et de l’activité sociale? Combien de personnes ont été entendues? Et combien ont été évaluées comme ayant une paraphilie pédophile? Apparemment, aucune évaluation n’a été faite, sinon, nous aurions des données publiées.

Il est vrai que la religion raëlienne est la seule minorité religieuse à promouvoir la sexualité et la liberté sexuelle entre adultes consentants. Qu’y a-t-il de mal à ça? Il existe enfin un mouvement religieux qui ne limite pas la sexualité à la reproduction. Il ne salit pas, ne mystifie pas et ne culpabilise pas la sexualité.

Chaque être humain a le droit de disposer de son corps et de s’épanouir sexuellement selon son orientation sexuelle. C’est ce qui est écrit dans l’article 8 de la convention de la Commission Européenne des Droits de l’homme qui associe liberté sexuelle et protection ainsi que respect de la vie privée. Si une personne souhaite vivre une sexualité ouverte, en ayant plusieurs compagnons ou compagnes ou juste vivre un duo, ou un solo, que ce soit pour une heure, une nuit ou plus longtemps, en utilisant des pratiques comme la masturbation, le sexe oral, la pénétration, les relations anales, pourquoi pas? Tant et aussi longtemps que les adultes sont consentants et que la vie de chacun des participants n’est pas mise en danger.

C’est-ce que nous pouvons lire sur la liberté sexuelle entre adultes consentants sur le site de nopedo et plus spécifiquement dans le livre : Le Message donné par les Extra-Terrestres à la page 256 : « Un individu doit chercher à s’épanouir selon ses aspirations et ses goûts sans se préoccuper de ce qu’en pensent les autres, dans la mesure où il ne fait pas de mal aux autres. ». Et c‘est aussi ce que nous pouvons en conclure au niveau du Code pénal dans le domaine de la sexualité, car comme le soulignent si bien Daniel Borrillo et Danièle Lochak : « il n’existe pas actuellement de définition explicite de la liberté sexuelle au niveau pénal et dans les chartes, ce qui nous oblige à définir la liberté sexuelle en fonction de ce qui n’est pas permissible dans notre société.»

Au sujet des bienfaits de la sexualité sur notre mental et notre corps, Ellis (1897) fut à son époque un pionnier et un défenseur soutenant les vertus bienfaitrices du sexe, qu’il soit récréatif ou reproducteur; se levant ainsi contre la pensée que l’onanisme, c'est-à-dire la masturbation, ne conduit pas à la maladie ou à la folie (Tissot, 1764, Kellog, 1891) . Et la science confirme chaque jour l’importance de la sexualité pour notre équilibre mental et physique. Par exemple, au niveau neuro-endophysiologique, elle contribue à l’obtention d’un état de bien-être général de par l’augmentation de la sérotonine, de la dopamine et des endorphines dans le sang, tout en contribuant aussi à réduire le taux de cortisol (hormone du stress) dans notre corps (Brody, 2006) . La sexualité renforce également le système immunitaire (Haake, et al., 2004) , et permet de diminuer les douleurs menstruelles (Masters & Johnson, 1966) , en plus d’avoir un effet analgésique (Komisaruk & Whipple, 1995) pour ne vous citer que quelques unes de ses vertues. Un fait. Les seuls risques de santé que peut engendrer la sexualité selon Levin (2007) , ce sont les infections transmissibles sexuellement par le sang (ITSS) que l’être humain actif sexuellement peut contracter s’il a des rapports non protégés. D’où l’importance d’encourager l’utilisation du condom, ce que Raël, (leader du Mouvement raëlien) préconise depuis 30 ans, contrairement à plusieurs autres organisations religieuses, particulièrement l’église catholique, qui n’encouragent pas le port du condom, ce qui est, à mon sens, criminel puisque le sida est présent partout sur la planète!

Maintenant que nous avons éclairci l’importance qu’a la sexualité pour notre bien-être et que nous avons examiné la signification de la liberté sexuelle, qu’en est-il de l’éducation sensuelle?

Dans le livre de Raël : Le Message donné par les Extra-Terrestres, sous la rubrique éducation sensuelle, il est écrit : « Tu éveilleras l’esprit de ton enfant, mais tu éveilleras aussi son corps, car l’éveil du corps va de pair avec l’éveil de l’esprit. » p.252. Pris hors contexte, les interprétations peuvent être multiples. Une lecture attentive de l’ensemble du texte sur ce sujet mentionne clairement qu’il n’est absolument pas question de pratique sexuelle entre un adulte et un enfant, mais d’une éducation sensuelle et sexuelle qui se limite à «expliquer». Il faut donc être de mauvaise foi et mal intentionné pour faire dire à ces quelques phrases qu’elles incitent à des actes pédophiles.

De plus, si on prend la peine de lire le reste de la page, la phrase citée ci-dessus signifie qu’éveiller l’esprit de son enfant est bien, mais pour que l’éveil de son esprit soit complet, il ne faut pas oublier de lui dire qu’en plus de son cerveau, il a un corps et des sens; que ses sens le relient à son environnement, lui donnent de l’information, mais aussi du plaisir. Et il a le droit de jouer avec tout son corps, notamment ses organes sexuels. Il faut juste lui expliquer, car l’enfant est comme une cassette vierge. Et cela renvoie à de l’éducation sexuelle.

Mais l’adulte a besoin aussi qu’on lui dise que la sexualité est permise, puisque son éducation empreinte de tabous socio-religio-culturels lui interdit ou lui envoie des messages négatifs à ce sujet. En effet, le World Health Organisation mentionne que les obstacles liés au bien-être sexuel et à l’éducation sexuelle sont liés au maintien de tabous et de mythes sexuels (WHO, 1974). La religion et la culture induisent et véhiculent une culpabilité sexuelle, et ce secret rend ainsi plus difficile l’expérience d’une sexualité plaisante et agréable (Giami, Ohlrichs, Quilliam; Wellings ,Pacey & Wylie, 2006 ; Masmoudi-Soussi. Bellaaj-Lachtar, Aloulou-Bouguecha , Amami, Halouani & Jarraya, 2006 ).

On peut observer par exemple que la masturbation est perçue comme nuisible pour la santé par 70,3 % des étudiants tunisiens! Et elle est associée à un sentiment de culpabilité chez 80 % de ceux-ci. Ce même sentiment de culpabilité est lié dans 64 % des cas, à la religion (Masmoudi-Soussi. Bellaaj-Lachtar, Aloulou-Bouguecha , Amami, Halouani & Jarraya , 2006). La notion que la sexualité est un péché, sauf dans le cas de la procréation, peut provoquer des sentiments de culpabilité par rapport à l’utilisation d’une contraception (Giami, Ohlrichs, Quilliam; Wellings ,Pacey & Wylie, 2006), ce qui est très inquiétant, notamment pour les risques de contracter des ITSS (Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang).

Alors devons-nous reprocher au Mouvement raëlien de parler de sexualité sans tabou, sans culpabiliser le monde et sans véhiculer des mythes sexuels? Si oui, devons-nous alors accuser les sexologues d’être aussi «dangereux»? Puisque, après tout, ce ne sont qu’une minorité d’individus qui font la promotion de la sexualité, en affirmant l’importance de l’éducation sexuelle pour l’épanouissement et l’éveil de l’individu quel que soit son âge! Doit-on condamner Jocelyne Robert pour ses conférences et ses livres? Sexologue et auteur prolifique, elle explique aux enfants de tous âges la sexualité, en mentionnant aussi bien la fonction reproductive des organes sexuels que l’aspect plaisant qui est sous-jacent.

En effet, dans son ouvrage éducatif pour les enfants de zéro à 6 ans, J. Robert (1985) guide, informe et démystifie la sexualité des jeunes. Elle explique aux parents l’importance de ne pas avoir peur d’aborder des notions de sexualité avec leurs enfants, tout comme il est normal d’observer de la sensualité et des comportements sexuels chez ces derniers. Rappelons-le : la sensualité, la sensorialité et la sexualité sont des composantes de l’être humain, de sa naissance à sa mort (Robert, 1985). Il est normal pour l’enfant qu’aucune partie de son corps ne soit tabou (Robert, 1985). Les parents ne doivent pas faire de projections (Robert, 1985). Elle rajoute aussi qu’il serait sans doute enrichissant pour les parents et leurs enfants d’établir entre eux une communication sensorielle par le massage (Robert, 1985). Devons-nous donc comprendre qu’elle incite à la pédophilie? Bien sur que non, pas plus que ne le font les écrits raëliens dans le livre : Le Message donné par les Extra-Terrestres.

Jocelyne Robert recommande aussi aux parents de parler de sexualité en termes positifs et de nommer les parties génitales par leur nom (ce qui est d’ailleurs clairement illustré dans ses ouvrages ). C’est à cet âge que l’enfant développe le langage, et c’est donc une période qui contribue à la consolidation de son identité sexuelle. Alors, si votre fille vous pose la question, répondez-lui qu’elle a une vulve, un vagin et un clitoris. Évitez d’être trop évasif en disant qu’elle n’a pas de pénis (Robert, 1985), ou en changeant de sujet!

Par ailleurs, c’est vers trois ans que les enfants manifestent de l’intérêt pour explorer leur corps (Robert, 1985). Et cet intérêt pour leurs organes génitaux les poussent à s’examiner de très près (tout comme à examiner ceux du sexe opposé) (Robert, 1985). Ils prennent conscience en se touchant que cette partie du corps est particulièrement sensible (Robert, 1985). En frottant ses organes génitaux, la petite fille ou le petit garçon ressent du plaisir, variable en intensité d’un enfant à un autre (Robert, 1985). Chez l’un, ce plaisir peut être purement sensuel; chez l’autre, il peut avoir une fonction de détente et d’apaisement (Robert, 1985).

Eh oui, la sexualité est présente déjà chez les jeunes enfants sans qu’on leur apprenne quoi que ce soit. Mais notre interaction avec eux les coupe souvent dans leur processus d’apprentissage, puisqu’on projette sur eux nos peurs, notre culpabilité et notre manque de connaissance. Or, la sexualité est aussi bénéfique à cet âge qu’à l’âge adulte! Mais il est important de ne pas culpabiliser les enfants pour ne pas qu’ils grandissent avec ce fardeau, et deviennent de jeunes adultes plein de complexes et mal dans leur sexualité, véhiculant à leur tour et projetant sur les autres leurs propres malaises sexuels, limitant leur épanouissement et leur éveil. Il est donc important, comme le souligne Robert (1985), de ne pas culpabiliser l’enfant, quel que soit son âge, que ce soit par notre attitude ou nos mots.

On peut lire aussi dans Le Message donné par les Extra-Terrestres, toujours en page 253.

«L’éducation sexuelle est très importante elle aussi, mais elle n’apprend que le fonctionnement technique des organes et leur utilité, tandis que l’éducation sensuelle doit apprendre comment l’on peut avoir du plaisir par ses organes, en ne recherchant que le plaisir; sans rechercher forcément à utiliser ses organes dans le but utilitaire qui est le leur. Ne rien dire à ses enfants au sujet du sexe, c’est mal, leur expliquer à quoi ça sert c’est mieux mais ce n’est pas encore suffisant : il faut leur expliquer comment ils peuvent s’en servir pour en retirer du plaisir.».

Et c’est ce que font là encore les sexologues. Ils ne montrent pas uniquement la sexualité dans son rôle procréatif, ils expliquent aussi que c’est quelque chose d’agréable et de plaisant, que nos organes nous procurent à différents niveaux un certain degré de plaisir. Et on leur apprend comment il faut faire pour en retirer du plaisir car, comme le mentionne J. Robert (1988) , peut-être que pour le garçon, la première éjaculation est associée à une expérience orgasmique, donc de plaisir. Mais chez la femme, les premières relations sexuelles sont rarement associées à l’obtention d’orgasme (Roberts, 1988). L’érotisme féminin dépend d’un apprentissage, au cours duquel la jeune fille doit apprendre à découvrir son corps, à identifier ce qui lui procure du plaisir, et à explorer ses voies érotiques (Robert, 1988). (Ces «voies érotiques» sont souvent liées aux zones érogènes : les seins, les mamelons, le sexe et notamment les caresses ou la masturbation du clitoris!).

Expliquer à la jeune fille que le clitoris est l’organe qui lui sert à retirer du plaisir et à atteindre l’orgasme, lui expliquer comment elle doit s’y prendre pour en retirer du plaisir en le caressant n’a rien de scandaleux, et Mme Robert ne se censure pas pour le dire, comme beaucoup d‘autres sexologues. Par ailleurs, il est intéressant de noter que la femme atteint souvent son plein potentiel sexuel autour de 35-45 ans, car elle connaît mieux son corps, ses fantasmes sont variés et à connotation génitale (et non uniquement romantique). De leur côté, les hommes, développent plus vers cet âge leur sensualité puisque leur pulsion hormonale et l’assouvissement de leur tension sexuelle sont moins urgents . Donc, en sachant cette réalité, une éducation sexuelle est d’autant plus importante, afin d’apprendre à ces hommes en devenir l’importance de conjuguer la sensualité avec la sexualité, et aux femmes de conjuguer le romantisme et la sensualité, avec la corporalité et la génitalité, au lieu d’attendre la quarantaine pour développer leur plein potentiel.

Mme Robert n’est pas la seule à se lever pour parler de sexualité. Bien avant elle, Denise Stagnara est une pionnière française dans le domaine. Fondatrice de l’association d’éducation sexuelle en milieu scolaire « Sésame » (1966), elle fit avec son époux de nombreuses interventions auprès des milieux privés et des lycées pour répondre aux questions des jeunes sur les relations sexuelles et amoureuses. En Égypte, Héba Qotb , une sexologue égyptienne, anime une émission télévisée sur la sexualité, en reprenant la Charia et la science, pour montrer l’importance de la sexualité dans l’épanouissement sexuel, malgré ce que disent les interprétations religieuses mystiques qui se sont perpétuées négativement sur le sujet depuis des générations! Le monde évolue grâce à la science, et il faut le dire. Récemment, en Angleterre, selon le journaliste Mark Townsend de L’Observateur, le ministère britannique vient de mettre en place un nouveau cours d’éducation sexuelle dans les écoles, dont le but précis est d’encourager la pratique du sexe oral pour faire diminuer le nombre de grossesses chez les adolescentes. Les étudiants suivent aussi des cours pour identifier quel serait le meilleur moment de passer à l’acte sexuel et ce cours aborde aussi les différentes formes et degré d’intimité . Devrions-nous condamner aussi le ministère britannique pour cette initiative?

Le site gouvernemental canadien masexualite.ca traite, vous l’aurez compris, de sexualité et s’adresse aux adultes, aux parents, aux enseignants ainsi qu’aux adolescents. Les auteurs de ce site détruisent le mythe selon lequel «le simple fait de parler de sexualité encourage les jeunes à passer à l’acte». Au contraire, les discussions sur la sexualité permettent de donner aux jeunes de bonnes informations, de démystifier tout ce qui touche la sexualité. Ainsi, ils pourront choisir et assumer librement leur sexualité lorsqu’ils se sentiront prêts; et non faire des choix en fonction des pressions sociales, familiales, religieuses ou médiatiques. Le site Doctissimo est encore plus explicite, puisqu’il parle également de masturbation et de plaisir, tout en étant facile d’accès pour les personnes de tous les âges. On y trouve aussi des rubriques échanges, discussions.

L’éducation sexuelle se répand de plus en plus dans notre société, atteint davantage les milieux éducatifs, que ce soit au sein de la famille et de l’école. D’ailleurs, Raël propose que l’éducation sexuelle se fasse à l’école et par des sexologues. C’est ce qu’il a déclaré à l’émission Sexe et Confidences en 2002 au Québec. Mais l’éducation sexuelle pourrait être encore plus présente si elle bénéficiait de plus de soutien économique et politique de la part des institutions actuelles : que ce soit pour investir auprès de spécialistes dans la sexualité ou pour acheter du nouveau matériel (Giami, Ohlrichs, Quilliam; Wellings ,Pacey & Wylie 2006) .

En effet, la nécessité d’utiliser des éducateurs spécialisés dans ce domaine permettrait que le contenu dispensé par les établissements scolaires offrant ce volet ne soit pas concentré uniquement sur les aspects techniques de la sexualité (comme les processus physiologiques impliqués dans la reproduction), et sur les issues négatives ou les risques d‘une sexualité active (Giami, Ohlrichs, Quilliam; Wellings ,Pacey & Wylie, 2006). Les aspects émotionnels et relationnels, ainsi que les bénéfices potentiels pour la santé ou la notion de plaisir dans la sexualité doivent aussi y être abordés (Giami, Ohlrichs, Quilliam; Wellings ,Pacey & Wylie, 2006).

L’information sexuelle est supposée être une valeur libre, mais lorsqu’elle est principalement basée sur l’enseignement des techniques biologiques de reproduction, elle peut être interprétée comme un choix moral excluant la dimension de plaisir, la diversité de l’orientation sexuelle ainsi que des styles de vie (Lupton, 1995, Irvine, 2002) .
Parler de sexualité est primordial pour développer une sexualité épanouissante et saine, surtout lorsque l’on sait par exemple que le nombre de filles actives sexuellement a quadruplé dans les 50 dernières années (Wells & Twenge, 2005) , et que la moitié des nouvelles infections au VIH ont lieu chez les jeunes de 15-24 ans (UNICEF, 2001; Save the Children, 2005) .

Les adolescents font face à des barrages imprécis, non réalistes de messages médiatiques sur la sexualité, particulièrement au sujet de l’image corporelle, des performances sexuelles, des approches lors de la relation sexuelle, ainsi que sur les gays et les lesbiennes (Ohlrichs, 2004a) . Le manque d’information et de communication positive sur la sexualité, ainsi que les poids religieux, culturels, sociaux, éducationnels, parentaux, médiatiques et gouvernementaux sont des facteurs souvent remplis de valeurs, de mythes et de préjugés qui contribuent à ce problème. Selon Quilliam (2004) , les jeunes ont un manque pratique de savoir sexuel, ils sont illettrés émotionnellement et manquent de pouvoir personnel (confiance, assurance). Ils ont une inhabilité à prendre des décisions indépendantes de la pression médiatique et des paires. Voilà quelques facteurs qu’une éducation sexuelle permettrait d’aborder!

Maintenant que nous avons souligné l’importance de parler de sexualité et de démystifier l’existence d’une sexualité chez les enfants et les adolescents; maintenant que nous avons pu constater les bienfaits de la sexualité sur notre équilibre et appris ce que signifie liberté sexuelle et éducation sexuelle chez les raëliens et la société, pouvons-nous donc conclure que le Message donné par les Extra-Terrestres est un livre incitant à la pédophilie?

En n’étant pas habité de préjugés et en parallèle avec tout ce que les vrais experts disent de la sexualité, il est évident que non. Ce livre souligne l’importance de mettre en place une éducation sexuelle dénuée de culpabilité, en démystifiant la sexualité. Puis il encourage les individus à vivre la sexualité de leur choix, en fonction de leur orientation et de leur envie, avec comme ultime condition que ce soit entre adultes consentants et respectueux des limites de chacun.

Certains articles relatent l’existence de raëliens qui auraient été condamnés pour avoir eu des relations sexuelles avec des enfants. Si c’est bien le cas, alors la justice a été juste. Si nous allons sur le site de Nopedo , nous pouvons lire que Raël, le fondateur spirituel du raëlisme est contre la pédophilie et que si des membres de son organisme étaient atteints de cette déviance, ils doivent être dénoncés, car c’est inacceptable. Ces personnes doivent aussi recevoir les soins nécessaires. Enfin, je tiens à rappeler que même si des raëliens ont des troubles sexuels, cela ne signifie pas que la religion raëlienne soutient et incite à la pédophilie. Ce n’est pas le cas comme nous venons de le voir. Ne commettons pas l’erreur de prendre des cas isolés pour en faire une généralisation. Sinon, nous devrions prétendre que toutes les personnes catholiques sont des pédophiles puisque parmi eux, il y a eu des cas de pédophilie, dont notamment de nombreux prêtres légalement condamnés pour pédophilie?

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Posté par Martin Luther Ki à 11:31 - Piège à cons ? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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